© Gregory Cassiau
Les cascades et le Cirque de St Même

La faune et la flore

Le Cirque de St Même est une porte d’entrée de la Réserve naturelle des Hauts de Chartreuse et sur place, on observe déjà de nombreuses espèces de faune et de flore dont certaines très curieuses ou emblématiques. En voici un petit aperçu :

La faune du Cirque

Le cincle plongeur

Petit oiseau trapu et rondelet qui plébiscite les torrents de montagne, il se distingue aussi par sa manière de se comporter : il est capable de plonger, de nager, et même de marcher sur l’eau ! Vous pourrez l’observer le long du Guiers (la rivière qui traverse le Cirque) : une petite boule marron avec un éclat blanc qui vole en rasant l’eau pour se percher sur un rocher un peu plus loin ? C’est lui !

Le renard

Quand le Cirque retrouve sa quiétude originelle à la tombée de la nuit, le renard sort de son terrier et reprend possession des lieux. Vif et espiègle, il attrape les petits rongeurs et grignotera certainement également les miettes des sandwichs dégustés à midi par les visiteurs.

L’aigle royal

Un couple d’aigle niche dans les falaises du Cirque de St Même. Vous pourrez peut-être l’observer si vous vous équipez de jumelles. Sensible à la présence humaine, il est protégé et certaines activités sont interdites à proximité de ses aires de reproduction.

La chouette chevechette

Cette adorable chouette est l’une des plus petites au monde (environ 15 cm de hauteur). Contrairement à ses congénères, cette chouette là vit plutôt le jour. Elle consomme de petits oiseaux qu’elle chasse en vol.

La flore du cirque

Le Saxifrage à feuilles opposées

(Saxifraga oppositifolia)
Le nom latin des saxifrages signifie « qui brise les rochers ». Parmi ce groupe d’espèces pionnières qui colonisent des milieux difficiles, le saxifrage à feuilles opposées pousse en coussinets épars et se distingue par sa belle couleur rose dès le début du printemps. Les parois suintantes d’eau du cirque de St-Même lui conviennent, mais on la retrouve aussi dans d’autres milieux rocheux, plus haut en altitude.

Le Cystopteris des montagnes

(Cystopteris montana)
Le Cystopteris des montagnes, qui peut facilement être confondue avec d’autres espèces, est une fougère très rare et strictement protégée au niveau national. En Chartreuse et notamment dans le Cirque de St-Même, elle trouve des milieux de vie de prédilection, à savoir des sites très ombragés et entretenant une hygrométrie très élevée : les parois rocheuses moussues humectées par les embruns dans les abords des cascades lui conviennent bien !

La Dryade à huit pétales

(Dryas octopetala)
Cette espèce d’origine arctique, emblème de l’Islande, trouve refuge dans les Alpes depuis la fin de la dernière ère glaciaire. Elle s’observe exceptionnellement  dans le cirque de St-Même, à l’écart des cascades et à une altitude inhabituellement basse, sur des éboulis rocheux dits « éboulis froids » qui renferment de la glace et exhalent de l’air frais. Il s’agit d’une vraie curiosité naturaliste, il ne faut pas la cueillir !

Le Scolopendre langue de cerf

(Asplenium scolopendrium)
Cette belle fougère est l’une des plus facile à reconnaître, car sa fronde est entière et ne présente pas de divisions, d’où son nom de « langue de cerf ». Elle recherche les boisements frais sur les blocs rocheux calcaires stables, à moyenne altitude. Compte tenu de ses éxigeances, elle n’est jamais abondante, mais il n’est pas étonnant de la retrouver ça et là dans le Cirque de St-Même.

La violette à deux fleurs

(Viola biflora)
Elle aurait pu aussi s’appeler violette…jaune, elle qui est une des rares exceptions dans le groupe des violettes ! Elle n’est pas rare, mais disséminée dans les recoins ombragés, les fissures fraiches et humides. Ses pétales inférieures veinées d’un brun-rouge délicat se laissent rarement admirer en pleine lumière.

La campanule menue

(Campanula cochleariifolia)
Cette élégante campanule n’est pas rare en Chartreuse ; c’est une espèce typique des montagnes calcaires. Si elle à besoin d’un taux d’humidité atmosphérique assez élevé comme la violette à deux fleurs, en revanche elle aime avoir les racines plus au sec et recherche la pleine lumière sur les rochers et éboulis bien exposés.

Textes et photos Patrick Gardet, garde de la Réserve naturelle des Hauts de Chartreuse (Parc naturel régional de Chartreuse).